Chapitre Premier (Suite 2)

Elle demeura auprès de sa nourrice jusqu’à l’âge de 5 ans sans avoir jamais vu ni son père, ni son frère, ni son véritable logis. C’est à l’âge de 5 ans et sans un jour de plus qu’elle fut, malgré elle, ramenée sur la propriété Sakien. En effet la période de deuil officiel d’une épouse était par tradition de 5 années. Le Comte n’aurait décemment pas pu maintenir une progéniture officielle loin de logis ancestral sans en subir les conséquences exécutées par les nobles du pays. L’enfant n’avait jamais connu qu’une maison de 20 pieds sur 13 et elle se pensait alors riche quand elle comparait son espace de vie à celui des autres enfants du village.

Lorsqu’elle se retrouva face à l’immense château Sakien entouré par d’énormes jardins et dont les portes étaient encadrées d’impressionnantes statues qui ressemblaient à des géants, elle retint son souffle.

Le majordome qui ouvrit l’énorme porte en bois massif sculpté l’accueilli avec un grand sourire en l’appelant « Mademoiselle » et la fit assoir dans le salon de thé au lieu du parloir. : Nanny lui avait enseigné que lorsqu’une visite était rendue à un noble, le visiteur devait demeurer dans le parloir jusqu’à ce qu’un membre de la famille visitée l’invitât dans une autre pièce. Il lui semblait étrange qu’on ne suive pas cette règle avec elle et ceux même si elle n’était qu’une enfant. Elle se tût de peur de paraître impolie.  

Quand on lui demanda de s’asseoir dans le salon elle ne pu s’empêcher de reculer. Les canapés étaient beaux et recouverts d’un tissu satiné d’une grande élégance qui avaient l’air fort coûteux. Sa robe n’était pas sale et elle n’était pas en guenilles mais tout de même, cela semblait inapproprié se s’assoir là. Elle remarqua une chaise en bois dans un coin de la pièce et décida que c’était cette assise qui lui convenait le mieux. Elle évita maladroitement le tapis qui avait l’air lui aussi de très bonne fabrication et grimpa, en se battant sans élégance, ni grâce, sur la chaise qui était trop haute pour elle.

Le majordome eu l’air dubitatif mais, heureusement pour elle, ne la contredit point. Il ferma la porte derrière lui et Lyria se retrouva seule dans cette pièce luxueuse qui ne lui allait pas du tout. Elle restait immobile sur sa chaise de bois, respirant à peine. Les murs semblaient de plus en plus grands et avaient l’air de vouloir l’écraser. La poignée de la porte tourna dans un cliquetis et elle colla son front au mur dans un sursaut. Elle arrêta de respirer et pria pour que les murs ne l’aspirent pas. Il lui sembla d’après le bruis des pas qu’il y avait au moins deux personnes qui étaient entrées. La voix du majordome se fit entendre dans un souffle choqué.

« Mademoiselle ?! »

Lyria tourna la tête les yeux entre-fermés et vit le majordome qui se tenait debout à demi caché derrière un autre homme. L’autre était plus jeune et plus grand, les cheveux noirs-corbeaux, les yeux cyan vifs et la posture digne et robuste, droite comme un pilier. Ses yeux froids se posèrent sur l’enfant et l’examinèrent des oreilles aux orteils.

« C’est elle ? »

Demanda l’autre homme au majordome sans quitter des yeux la petite figure, assise sur la chaise, les jambes pendantes.

« Oui Monseigneur »

« Elle ne lui ressemble pas du tout »

Le majordome ne répondit rien. L’homme pilier sorti de la pièce l’air agacé et ne s’excusa pas. Le majordome pris la parole.

« Veuillez excuser Monsieur Mademoiselle, il est quelque peu… fatigué »

Lyria n’avait que faire de savoir pourquoi le monsieur était parti sans même dire au revoir car elle avait appris qu’il ne fallait pas poser trop de questions. Elle avait aussi perçu la tristesse dans ses yeux et elle ne voulait pas mettre son nez dans des affaires qui n’étaient pas les siennes.

« Excusez-moi Monsieur mais… »

« Calidéon mademoiselle »

Elle fronça les sourcils

« Monsieur Calidéon. Quand pourrais-je partir ? »

« Je vous demande pardon mademoiselle mais que voulez-vous dire ? »

« Et bien je veux savoir quand je pourrais rentrer chez moi, Nanny s’inquiète énormément quand je ne reviens pas avant l’heure du souper vous savez. »

« Mais enfin Mademoiselle, il n’est plus question de retourner dans cette cabane. C’est ici chez vous. Votre Nanny a-t-elle été incompétente au point de ne pas vous expliquer qui vous êtes ? »

« Ma Nanny m’a très bien expliqué qui je suis Monsieur Calidéon. Elle s’est très bien occupée de moi et je sais parfaitement qui je suis et qui est l’homme qui vient de sortir. Cependant, Monsieur Calidéon, je ne me sens pas « chez moi » ici. Apparemment je ne suis pas non plus bienvenue à le faire alors je veux rentrer auprès de la personne que je considère comme ma famille et mon foyer. C’est tout. »

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